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Spiritualité
& Mystique

Vierge Marie
Nativité
Louanges
Divine Sagesse
Annonciation
Assomption

Louanges de la Vierge Mère

  Ainsi, celle qui devait concevoir et enfanter le Saint des Saints, reçut, pour être sainte de corps, le don de virginité, et, pour l'être d'esprit, le don d'humilité. La Vierge royale, parée des joyaux de ces deux vertus, le corps et l'esprit resplendissant d'un double éclat, connue jusqu'au ciel pour sa beauté, attira sur elle les regards des anges, si bien qu'elle éveilla le désir dans l'âme du Roi et fit venir à elle le messager divin. C'est ce que nous enseigne l'Evangéliste lorsqu'il précise que l'ange fut envoyé "par Dieu à une Vierge", par le Très-Haut à la plus humble, par le Seigneur à sa servante, par le Créateur à sa créature. Quelle bonté de la part de Dieu ! et quelle distinction pour la Vierge ! Accourez, mères et filles, vous toutes qui après Eve, enfantez et êtes enfantées dans la douleur, approchez de ce lit virginal, entrez si vous le pouvez dans la chambre nuptiale de votre chaste soeur. Voici que Dieu envoie une ambassade à la Vierge, voici que l'ange parle à Marie. Mettez votre oreille à la cloison, écoutez bien ce qu'il lui annonce, et jugez si ce n'est pas pour vous un message consolant.

Réjouis-toi, Adam, notre père, et toi surtout, Eve, notre mère. Vous avez été à la fois nos parents à tous et nos meurtriers, et, ce qui est plus grave, nos meurtriers avant même d'être nos parents. Une de vos filles - et quelle fille ! - vous consolera, toi surtout qui fus la cause première de tout le mal et dont l'opprobre a rejailli sur toutes les femmes. Le temps est venu où cet opprobre sera levé et où l'homme n'aura plus de reproches à faire à la femme, comme ce jour où, pour se trouver à lui-même de mauvaises excuses, il l'accusa cruellement et dit à Dieu : "Cette femme que tu m'avais donnée m'a présenté du fruit de l'arbre, et j'en ai mangé" (Gn,3,12). Viens donc, Eve, cours auprés de Marie. Que la mère recoure à sa fille, que la fille réponde pour sa mère et efface sa faute, qu'elle réconcilie la mère avec son père. Car si l'homme jadis tomba par la femme, il ne peut être relevé maintenant que par la femme. Que disait donc Adam ? "Cette femme que tu m'avais donnée m'a présenté du fruit de l'arbre, et j'en ai mangé". C'étaient de vilaines paroles, qui aggravaient sa faute au lieu de l'effacer. Mais la divine Sagesse a triomphé de tant de malice : cette occasion de pardonner que Dieu avait vainement tenté de faire naître en interrogeant Adam, il la trouve maintenant dans le trésor de son inépuisable bonté. A la première femme, il substitue une autre femme, sage quand la première était folle, humble autant qu'elle était orgueilleuse. Au lieu du fruit de mort, elle présente à l'homme le pain de vie et remplace l'amer poison par la douceur d'un aliment éternel. Adam devra donc changer son injuste accusation en expression de gratitude et dire : "Seigneur, cette femme que tu m'avais donnée m'a présenté le fruit de l'arbre de vie, et j'en ai mangé ; sa saveur m'a été plus délicieuse que le miel, parce qu'en lui tu m'as vivifié". Voilà donc pourquoi l'ange fut envoyé à la Vierge admirable, digne de tous les honneurs, à la femme qu'il faut vénérer infiniment entre toutes les femmes, parce qu'en réparant la faute des parents elle rend la vie à toute leur descendance.

  "Un ange fut envoyé à la Vierge". C'est la Vierge de corps et d'esprit, vierge par état aussi, telle que la décrit l'Apôtre, sainte d'esprit et de corps (1 Co,7,34). Elle n'a pas été découverte au dernier moment, ni par hasard, mais élue dès l'origine, connue d'avance par le Très-Haut qui se l'est préparée ; les anges l'ont gardée, les Patriarches l'ont annoncée en figures, les Prophètes l'ont promise. Interrogez les Ecritures pour vérifier ce que je dis... A qui, sinon à elle, pensait Dieu, lorsqu'il disait au serpent : "Je mettrai l'hostilité entre toi et la femme" ? (Gn,3,15) Si vous doutez qu'il s'agisse de Marie. C'est elle, sans doute possible, qui broya cette tête venimeuse lorsqu'elle réduisit au néant toutes les suggestions du Malin, qu'il s'agisse des séductions de la chair ou de l'orgueil de l'esprit.

Moïse et Salomon