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Vierge Marie
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Louanges de la Vierge Mère

  Mais il y a en Marie une autre grandeur plus admirable encore : la fécondité unie à la virginité. Depuis l'origine des temps, on n'a jamais entendu parler d'une femme qui eût été à la fois vierge et mère. Et mère de quel fils, pensez-y ! Mesurez par là la hauteur à laquelle elle s'élève ! Il vous faudra bien avouer que votre admiration n'y peut suffire. Celle qui eut Dieu pour fils n'est-elle pas, à vos yeux, ou plutôt au jugement de la Vérité même, montée plus haut, que tous les choeurs des anges ? Marie n'a-t-elle pas le droit d'appeler hardiment son fils ce Dieu qui est le Seigneur des Anges ? Elle lui dit en effet : « Mon fils, pourquoi nous as-tu fait cela ? » Aucun ange n'oserait parler de la sorte. Ils se contentent, ou plutôt ils se trouvent fort honorés d'être, simples esprits créés, transformés par la grâce en anges et nommés de ce nom, ainsi que l'atteste David : "Il fait des esprits ses anges" (Ps. CIII, 4). Marie, elle, sachant qu'elle est sa mère, ne craint pas d'appeler son enfant cette majesté dont les anges sont les serviteurs respectueux. Et Dieu ne refuse pas d'être appelé de ce nom qui désigne ce qu'il a bien voulu devenir. Car l'Evangéliste ajoute un peu plus loin : "Et il leur était soumis" (Lc 2,51). Qui ? et à qui ? Dieu, soumis aux hommes ! Dieu, à qui les anges sont soumis, à qui obéissent les Principautés et les Puissances, était soumis à Marie ; et non seulement à Marie mais, à cause d'elle, à Joseph. Choisissez donc d'admirer davantage ou la très miséricordieuse condescendance du Fils ou l'extraordinaire dignité à laquelle la Mère accède. De part et d'autre, tout est mirace et stupeur. Que Dieu obéisse à une femme, c'est une humilité sans exemple ; qu'une femme commande à Dieu, c'est une grandeur sans pareille. Dans les louanges accordées aux vierges, on dit qu'elles ont ce privilège de suivre l'Agneau partout où il va (Apoc. 14,4). En quels termes célèbrer celle qui va jusqu'à le précéder ?

Homme, apprends donc à obéir ! Terre, apprends à te soumettre ! Poussière, sache que tu es assujettie ! L'Evangéliste, parlant de ton créateur, dit : "Il leur était soumis", à Marie et à Joseph. Rougis, cendre orgueilleuse ! Dieu s'humilie, et tu t'exaltes ? Dieu se soumet aux hommes et toi, ne songeant qu'à les dominer, tu te mets au-dessus de ton Créateur ? Si jamais j'avais de telles ambitions, je souhaite que Dieu daigne me répondre comme il fit à son Apôtre : "Arrière, Satan, tu ne comprends pas les choses de Dieu" (Mt 16,23). Chaque fois que j'éprouve le désir de dominer mes sembables, je prétends me placer au-dessus de Dieu, et je montre ainsi que je ne comprends pas les choses de Dieu. Car de lui-même il est écrit : "Il leur était soumis". O homme, si tu juges indigne de toi de suivre l'exemple d'un autre homme, tu ne saurais dédaigner pareillement celui de ton Créateur ? Si tu ne peux, sans doute, le suivre partout où il va, suis-le au moins là où il s'est abaissé jusqu'à toi. C'est-à-dire : si tu ne peux t'avancer sur la voie sublime de la virginité, suis au moins ton Dieu sur les chemins très sûrs de l'humilité. Ceux qui s'écartent de cette voie droite ont beau être vierges, ils ne sauraient suivre l'Agneau partout où il va. Certes, une âme humble, qui a perdu sa virginité, ou bien un être vierge dépourvu d'humilité peuvent suivre l'Agneau, mais ni l'un ni l'autre ne le suivra partout où il va. Ni le premier ne peut s'élever jusqu'à la pureté de l'Agneau sans tache, ni le second ne consent à descendre jusqu'à la docilité de l'Agneau qui s'est tu non seulement devant le tondeur (Isaïe, LIII, 7), mais même devant le bourreau. Cependant, le pécheur humble a choisi pour le suivre un parti plus sûr que celui qui s'enorgueillit de sa virginité ; l'humble pénitence du premier le nettoie de son impureté, tandis que la superbe du second souille sa pureté même.

Heureuse Marie, à qui ne fit défaut ni l'humilité ni la virginité. Sa virginité fut si exceptionnelle que la fécondité, au lieu de la ternir, vint accroître son éclat. Son humilité ne fut pas moins particulière, puisque sa virginité féconde, bien loin de la détruire, l'augmente encore. Quant à sa fécondité, elle fut sans pareille, puisqu'elle s'accompagne et de la virginité et de l'humilité. Tout ici est admirable, incomparable, unique. Il serait étonnant que vous n'hésitiez pas, en comparant entre eux ces extraordinaires privilèges, sur le rang à leur accorder dans votre admiration. Qu'est-ce qui est ici le plus stupéfiant : est-ce la fécondité d'une vierge ou l'intégrité d'une mère ? la naissance d'une divine progéniture, ou l'humilité avec laquelle elle est reçue ? Sans doute faut-il préférer à chacune de ces prérogatives en particulier leur jonction ; les considérer toutes ensemble inspire le sentiment d'une excellence et d'un bonheur incomparables à ceux que représente chacune prise à part. Pourquoi s'étonner d'ailleurs que Dieu qui, selon l'Ecriture, est admirable dans ses saints (Ps. LXVII, 36), le soit plus encore dans sa Mère. Vous donc, époux qui vivez dans une chair corruptible, vénérez une chair intacte . Vierges consacrées, admirez la fécondité d'une vierge. Et nous tous, hommes, imitons l'humilité de la Mère. Saints Anges, honorez la mère de votre Roi, vous qui adorez le Fils de notre Vierge : il est ensemble notre Roi et le vôtre, le réparateur de notre race et le fondateur de votre cité. A celui qui est si grand parmi vous, si humble parmi nous, que soient rendus également par vous et par nous la vénération due à sa dignité, les honneurs dus à sa bonté et la gloire dans les siècles des siècles. Ainsi soit-il.

Adam et Eve