Association Spirithum   Spiritualité & Mystique

Saints - Thérèse de Jésus - Prières - Vierge Marie - JESUS-Dieu

Spiritualité
& Mystique

Ste Catherine Gênes
Ste Catherine Sienne
Denys l'Aréopagite
Fénelon & Mme Guyon
Miguel Molinos
Johann Tauler
Ste Julienne de Norwich
Angelus Silesius
Nuage d'inconnaissance
Henri Suso
Hildegarde de Bingen
Jacob Boehme
Jan Van Ruysbroeck
St Ignace Loyola


spiritualité

quiétisme

Fénelon et Madame Guyon (...1715)

  Fénelon, grand seigneur, précepteur des Princes, archevêque de Cambrai, penseur politique estimé, fut également un théologien et un mystique, héritier d'une longue tradition européenne.
  Son amitié spirituelle avec Mme Guyon, la richesse et la profondeur de leur recherche, leur style admirable, confèrent à cette très haute stature une valeur de témoignage exemplaire quant à la vie mystique en cette fin grandiose du classicisme français. L'oeuvre de Fénelon est considéré par de nombreux historiens comme le testament Grand Siècle.
  Le combat spirituel auquel se livrèrent sans relâche Fénelon et Madame Guyon contre leurs détracteurs se déroule sur un fond d'intrigues politiques complexes et ambigues. Il reste que la pensée spirituelle de Fénelon, auquel il fut souvent reproché bien injustement d'être influencé par Mme Guyon, contribue à donner au mysticisme de l'âge classique une allure, un ton, une hauteur de vue, qui suffisent à faire de ce dernier un des plus beaux fleurons de la théologie apophatique...
  Fénelon a constamment creusé et tenté de saper les fondations de l'être individuel; il cherche de toutes ses forces à briser le carcan du " moi ". S'il envisage, au terme de son entreprise de déracinement, la déification de l'âme, " c'est par l'anéantissement de mon être propre et borné que j'entrerai dans votre immensité divine ", Fénelon, comme la plupart des mystiques, décrit surtout l'éradication du "moi".
" Tous nos défauts ne viennent que d'être encore attachés et recourbés sur nous-mêmes. C'est par le moi, qui veut mettre les vertus à son usage et à son point. Renoncez à ce malheureux moi, dans les moindres choses où l'esprit de grâce vous fera sentir que vous le cherchez encore. Voilà le vrai et total crucifiement : tout le reste ne va qu'aux sens et à la superficie de l'âme. Tous ceux qui travaillent à mourir autrement quittent la vie par un côté et la reprennent par plusieurs autres : ce n'est jamais fait ".

Se perdre de vue en demeurant passif à l'opération de Dieu.
Mme Guyon, Poésies et Cantiques spirituels.

Percé depuis longtemps des traits de votre amour,
Je ne sens pourtant pas ma flamme ;
Hélas quand viendra-t-il ce jour,
Que je ne verrai plus mon âme ?

Je la vois quelquefois et c'est un grand tourment
Cachez-la bien, mon Principe,
Dans l'abîme de son néant,
Qu'a rien elle ne participe.
Cachez-la de mes yeux, et de ceux des humains ;
Qu'elle reste si bien perdue,
Sans sortir jamais de vos mains ;
Qu'elle soit toujours inconnue.

Je ne saurais me voir sans devenir impur ;
Toujours quelque propre recherche ;
Que ce regard me soit dur !
Ah ! que votre bonté l'empêche !
Comme le basilic tue avec ses regards,
Ainsi notre regard nous tue ;
Amour perce-moi de tes dards ;
Et que je me perde de vue...