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SERMON POUR LA NATIVITE
DE LA BIENHEUREUSE VIERGE MARIE

  Le ciel a la joie de connaître la présence de la Vierge féconde, la terre vénère le souvenir de son passage. Il en va de même de tous les biens : là-haut ils sont manifestes, ici on n'en a que la mémoire ; au ciel, c'est la satiété, sur terre les prémices et le faible avant-goût ; d'une part la réalité, de l'autre le nom seulement.
Vénérons Marie de toutes les fibres de notre coeur, de tout notre pouvoir d'aimer et de tous nos voeux. Telle est la volonté de celui qui a voulu que nous ayons tout par Marie. C'est sa volonté, dis-je, mais il le veut dans notre intérêt. En toute occasion et de toute manière, Marie vient en aide à nos misères, apaise nos tremblements, stimule notre foi, conforte notre espérance, écarte nos défiances et remédie à notre lâcheté. Vous craigniez de vous approcher du Père. Il sera exaucé par égard pour lui-même, car le Père aime son Fils. Aurez-vous peur de lui aussi ? Il est votre frère et votre chair, il a tout subi sauf le péché, afin d'apprendre la miséricorde. Ce frère, c'est Marie qui vous l'a donné. Mais peut-être craignez-vous en lui aussi la majesté divine, puisque, tout en se faisant homme, il est resté Dieu. Vous cherchez encore un avocat auprès de lui ? Recourez à Marie. En elle, vous trouverez l'humanité pure, non seulement pure de toute contamination, mais à l'état pur, puisqu'elle n'a que l'une des deux natures. Je n'hésite pas à dire qu'elle aussi sera exaucée par égard pour elle. Le Fils écoutera sa Mère, et le Père écoutera son Fils. Mes petits enfants, voici l'échelle des pécheurs, voici toute mon assurance et la raison de mon espérance. Quoi donc ? Le Fils pourrait éconduire sa mère, ou souffrir qu'on l'éconduise ? Ne pas l'entendre ou n'être pas entendu lui-même ? Certainement pas. "Tu as trouvé grâce auprès de Dieu", dit l'ange. Heureusement ! Marie trouvera toujours grâce, et c'est de la grâce seule que nous avons besoin. La Vierge ne recherchait pas, comme Salomon, la sagesse, ni les richesses, ni les honneurs, ni la puissance, mais la grâce. Et c'était sage, car nous ne pouvons être sauvés que par la grâce.

Pourquoi désirer autre chose, mes frères ? Cherchons la grâce, et cherchons-la avec l'aide de Marie, car elle trouve ce qu'elle cherche, et ne revient pas bredouille. Mais cherchons la grâce auprès de Dieu, non pas cette grâce illusoire que dispensent les hommes. Que d'autres veuillent s'acquérir des mérites ; nous nous emploierons à obtenir la grâce. Et n'est-ce point une grâce que nous soyons ici ? Oui, car sans la miséricorde du Seigneur, nous aurions été anéantis. Qui, nous ? Nous les parjures, les adultères, les homicides, les voleurs, nous les excréments de ce monde ! Interrogez vos consciences, mes frères, et avouez que là où abonda le péché, la grâce surabonde (Rm,5,20).
  Marie n'allègue point son mérite, elle demande la grâce. Elle compte si bien sur la grâce, et elle est si peu orgueilleuse, qu'en entendant la salutation de l'ange, elle est prise de crainte. "Marie, dit l'Evangile, se demandait ce que signifiait cette salutation". C'est qu'elle s'estimait très indigne d'être saluée par un ange. Elle se disait sans doute : " Comment se fait-il qu'un ange du Seigneur vienne me trouver ? " Ne crains rien, Marie, ne t'étonne pas qu'un ange vienne : un autre viendra, plus grand que l'ange. Ne sois pas surprise de voir l'ange du Seigneur. Et puis, pourquoi ne verrais-tu pas un ange, toi qui mènes déjà une vie angélique ? Pourquoi ne saluerait-il pas la concitoyenne des saints et la servante de Dieu ? La virginité est une vie angélique, car ceux qui ne prennent ni mari ni femme sont comme des anges de Dieu (Mt,22,30)

  Si tout homme qui s'humilie doit être exalté, qu'y a-t-il de plus sublime que l'humilité de Marie ? Elisabeth, toute surprise de sa venue, disait : "Comment se fait-il que la Mère du Seigneur vienne chez moi ? Mais elle devait s'étonner plus encore qu'à la manière de son Fils, Marie vînt pour servir, et non pour être servie (Mt,20,28). Aussi est-ce à juste titre que le Chantre divin l'accueillait de cet hymne de louange : Qui est celle qui monte comme l'aurore à son lever, belle comme la lune, lumineuse comme le soleil, redoutable comme une armée rangée en bataille ? (cant.8,9). Elle monte, en effet, au-dessus de tout le genre humain, elle monte jusqu'aux anges, mais elle les dépasse encore, et elle va occuper sa place plus haut que toute créature céleste. Il faut d'ailleurs qu'elle aille puiser plus haut que les anges cette eau vive qu'elle doit reverser sur les hommes.

Du Fils de Dieu