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Ruysbroeck, l'ermite de Groenendael

Jan Van Ruysbroeck

    Jan van Ruysbroeck naît en 1293 en pays flamand. Dès sa plus tendre enfance il aime s'isoler dans la nature ; ce goût inné pour la solitude, les arbres, les plantes, les animaux, oriente sa destinée spirituelle qui se déroulera en majeure partie loin des troubles et des tumultes de la vie urbaine. Son oncle qui est chanoine l'éveille très tôt aux vérités de l'Evangile.
  Il devient prêtre en 1317 et exerce son ministère durant vingt-cinq ans à Bruxelles. Ses premiers ouvrages paraissent entre 1330 et 1336 (Le Royaume des Amants de Dieu ; Les Noces Spirituelles; L'Anneau de la Pierre Brillante) et constituent l'essence de sa doctrine fondée essentiellement sur son expérience mystique.
  En 1343, il décide de vivre dans la solitude, avec son oncle et un autre compagnon, dans l'ermitage de Groenendael. Son enseignement, sa présence spirituelle, certainement merveilleuse et sécurisante en ces temps troublés, lui valent le surnom d'Admirable et attirent des pélerins et des fidèles, chaque jour plus nombreux à se recueillir auprès de lui.
  En 1349, une dizaine de frères se sont rassemblés autour de Ruysbroeck et vivent en communauté. L'évêque de Cambrai les vêt de la tunique blanche et de la chape noire des chanoines de saint Augustin. Ruysbroeck, malgré sa charge de prieur et l'afflux des visiteurs, se réfugie dans la solitude des bois environnants et, à l'ombre d'un tilleul vénérable, dicte de nouveaux ouvrages :

. Les Sept clôtures
. Les Sept degrés de l'Amour spirituel
. Le Livre des Douze Béguines
. Le Tabernacle
. Le Livre de la plus haute Vérité
. La Somme de la vie spirituelle

  Cette générosité est destinée, comme chez Maître Eckhart, à l'édification des disciples, moines, moniales, béguines, et simples laïques, qui accourent écouter l'enseignement de cet homme qui meurt, en 1381, en odeur de sainteté, béatifié par le pape Pie X en 1908.

  Ruysbroeck éclaire la mystique rhéno-flamande et, sans jamais céder sur l'essentiel de sa vision unitive, tempère son " radicalisme " théologique par un sens des nuances, un apaisement quasiment sensuel qui le distingue de l'âpreté rugueuse du Maître de Cologne. Il fut toute sa vie serviteur aimable et doux de ce "terrible et immense amour de Dieu qui veut consumer tous les esprits aimants et les engloutir en lui-même".
  Discret quant à son expérience personnelle, Ruysbroeck maintient une ligne d'équilibre fragile entre les énonciations négatives les plus radicales et la dénonciation vigoureuse des vertiges métaphysiques.

  "...On rencontre d'autres hommes qui, au moyen d'une sorte de vide, de dépouillement intérieur et d'affranchissement d'images, croient avoir découvert une manière d'être sans modes et s'y sont fixés sans l'amour de Dieu. Aussi pensent-ils être eux-mêmes Dieu... Ils sont élevés à un état de non-savoir et d'absence de modes auxquels ils s'attachent ; et ils prennent cet être sans modes pour Dieu ".

Ruysbroeck célèbre longuement les noces spirituelles entre l'âme éperdue et son Dieu (ce thème majeur du christianisme est manifestement inspiré de la mystique unitive de Saint Bernard et commente la jouissance ou fruition qu'il situe au sommet de la vie mystique.

" L'abîme de Dieu appelle l'abîme, à savoir tous ceux qui sont unis à l'esprit de Dieu par l'amour de fruition. Cet appel c'est l'inondation d'une clarté essentielle. Et cette clarté essentielle, nous enveloppant d'un amour insondable, nous amène à nous perdre nous-même et à nous écouler dans la ténèbre farouche de la Divinité ".

Ruysbroeck, privilégiant la vie commune, à l'instar de Maître Eckhart parcourt sans relâche des centaines de lieues à pied pour visiter et consoler ses moniales, sut répandre autour de lui les bénéfices salvateurs de son illumination. Il aimait à citer en exemple l'abeille qui a butiné et ne devient féconde que dans l'unité de l'essaim, l'amour incréé, répand autour de lui les vertus, la sagesse éclairante, qu'il a conquis au prix d'une extrême solitude. Comme la plupart des grands mystiques, il ne tient aucun compte des phénomènes spectaculaires de la vie spirituelle (visions, extases, ascèses) mais glorifie la vie sociale, éclairée par l'amour, dans laquelle " le fruit de l'oeuvre est commun. "

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