Association Spirithum   Spiritualité & Mystique

Saints - Thérèse de Jésus - Prières - Vierge Marie - JESUS-Dieu


angelus silesius

Spiritualité & Mystique

Ste Catherine Gênes
Ste Catherine Sienne
Denys l'Aréopagite
Fénelon Mme Guyon
Miguel Molinos
Johann Tauler
Ste Julienne de Norwich
Angelus Silesius
Nuage d'inconnaissance
Henri Suso
Hildegarde de Bingen
Jacob Boehme
Jan Van Ruysbroeck
St Ignace Loyola

Angelus Silesius
(1624 - 1677)

    Angelus Silesius (de son vrai nom Johannes Scheffler) est né en Silésie dans une famille de la noblesse luthérienne.
En 1643, il va à Strasbourg (où il apprend la médecine, la politique, l'histoire), puis à Leyde en Holllande (où il découvre les oeuvres de Ruysbroeck, Eckhart, Tauler, Boehme), enfin il achève son cycle à Padoue où il reçoit le titre de Docteur en philosophie et médecine.
En 1649, il fréquente les cercles mystiques à l'intérieur desquels circulent les écrits de Jacob Boehme, il fait notamment la connaissance de Franckenberg, l'ami et l'éditeur du sage de Görlitz.
Il devient le médecin officiel du Prince de Ols.
Sa pensée spirituelle subit de profonds changements, ses lectures mais aussi sa vie intérieure le conduisent à se convertir au catholicisme le 12 juin 1653.

  Silesius se retire durant trois années dans la solitude et rédige un recueil d'aphorismes et de distiques, intitulé "Le pélerin chérubinique", qui témoigne, dans un style lapidaire, taillé comme un diament, de la profondeur de sa vie spirituelle.
Nul doute qu'il atteint alors les sommets de la perspective unitive et connaît enfin, au terme de l'harassante épreuve apophatique, le visage de Celui qui jamais ne naît..
Son ouvrage paraît en 1657 alors qu'il est médecin à la Cour Impériale de Ferdinand III.

  Le 29 mai 1661 il est ordonné prêtre et après la mort de son protecteur, Sebastien von Rostock, se retire dans la maison des Frères Portecroix où il mourra le 9 juilllet 1677.

  La concision d'Angelus Silisius contribue à servir cette pensée abrupte qui percute de plein fouet le lecteur en lui ouvrant largement l'espace intérieur, obscur et vide, où l'âme mystique erre en pleine solitude.

Vivre sans pourquoi

Où se tient mon séjour ?
Où est ma fin ultime à quoi je dois atteindre ?
Où l'on n'en trouve point. Où dois-je tendre alors ?
Jusque dans un désert, au delà de Dieu même.



  Angelus Silesius, à l'instar des grands mystiques, héritiers de la pensée destructrice de Denys l'Aéropagite, mine soigneusement toutes les tentatives d'approche intellectuelle ou religieuse qui consistent, peu ou prou, à s'approprier le dieu de son choix.
Comme Boehme qui inspira probablement son évolution spirituelle, il considère que la création est un jeu et que la créature n'est qu'un jouet entre les mains de Dieu. Cette certitude réduit nos efforts à néant ; il faut s'abandonner, lâcher prise, rendre les armes et plonger courageusement dans ce Rien qui s'ouvre sous nos pas maladroits et inconstants...
Silesius, qui a peut-être lu Jean de la Croix (" Un je ne sais quoi que l'on atteint d'aventure ") résume brutalement le non-objet de l'intériorité mystique.

Qu'est-ce l'éternité ? Ni ceci, ni celà,
Ni maintenant, ni chose, ni rien, c'est, je ne sais quoi.